13 h 15 samedi 10 mars 2012, à peine rentré de la superette locale scéenne au pas de course, qu'il me faut mettre le cap en direction du Cercle Cadet afin de prendre part à 14 h 30 au "400" mensuel de cet établissement.
RER et métro me permettront d'arriver à bon port en une petite quarantaine de minutes. Je passerai la demi heure qui précèdera le tournoi au bar tabac de l'angle de la rue Cadet devant un petit café noir au comptoir, puis à l'air libre à flâner dans ce quartier très vivant et agréable.
14 h 25, il est temps de rentrer dans le cercle afin de prendre part à ce tournoi. L'accès, malgré la foule, est extrêmement bien géré et j'arrive à ma table facilement. Je serai assis à la table 19, siège 7 au premier étage.
Les 60 000 € garantis au niveau du prize pool vont être largement dépassé, puisque 318 gamblers seront finalement sur la ligne de départ ce qui portera la cagnotte de ce tournoi à 114 480 €. C'est manifestement une belle réussite pour les organisateurs.
Il y aura 31 places payées allant de 800 € pour le 31éme à 25 750 € + un ticket à 1 650 € (Unibet Poker Open Paris) pour le vainqueur. A noter que tous les participants à la TF à 9 se verront récompensés d'un ticket UPO Paris.
Le field est composé de qualifiés online via la room MyPok.fr qui fête par la même occasion ses un an d'existence, de qualifiés live (dont le narrateur de ce billet) et d'une floppé de joueurs parisiens dont les plus chevronnés sont excusez du peu : David BENYAMINE him self (le "meilleur joueur français du monde" dixit Benjamin Gallen), Jean Paul PASQUALINI (6éme à la French All Time Money list et vainqueur du ME du Partouche Poker Tour Saison 2), Stéphane BAZIN ou encore Nicolas BABEL (38éme au ME des WSOP 2010), pour ne citer qu'eux.
Bref, il y a vraiment de quoi passer un excellent week-end poker. En effet, ce tournoi est scindé en deux jours avec un DAY 1 marathon comprenant 16 niveaux de 40 minutes. Logiquement, et ce sera le cas, il ne devrait rester qu'une petite cinquantaine de joueurs en DAY 2 pour tenter d'accéder aux 31 places payées, puis à la TF et enfin à la victoire.
Le titre de mon article énonçant mon classement final à ce tournoi ne laisse nulle place à une lecture hitchkockienne de ce billet en mode "Pedro a-t-il décroché la timballe ?". Il faut dire que ce dernier a été particulièrement difficile. Non pas à cause de l'adversité rencontrée, ni de l'enjeux ou encore du contexte, mais tout simplement car j'ai du faire face à un désert de cartes quasi permanant durant tout mon tournoi. Conséquence, le "card deadisme" est une situation inextricable qui ne permet pas de perforer un tel field.
La structure lente et une sélection méticuleuse des maigres spots qui se sont offerts (façon de parler) à moi, m'ont tout de même permis de mener ma barque dans le premier 1/3 du classement (top 28,61 % pour être précis). Ca ne sert pas à grand chose puisque les places payées ne concernaient que 9,75 % du field. Mais bon, je sortirai de ce tournoi sans trop de frustration, sans regret, prêt à reporter à plus tard mes ambitions de résultats en MTT "live".
Je vais passer 7 niveaux à ma première table (table 19 siège 7) au premier étage, 2 niveaux à la table 24 siège 9, toujours au premier étage et enfin 3 niveaux à la table 31 siège 4 au deuxième étage.
Ma première table, sera assez simple à appréhender, malgré la présence de Nicolas BABEL, sur lequel j'avais la position. Je ne disputerai qu'un coup contre lui au niveau 3 (75/150), muni de ma seule prémium de l'après midi KK.
Le coup : Il raise en EP à 400, je 3bet à 1 200, il me demande combien je joue derrière puis call. Un flop hauteur dame, mais monocolore à cœur nous est servi. Je possède le roi de coeur. Nous checkons tous les 2. Un roi apparait à la turn m'offert une amélioration en brelan. Nouveau check des 2 joueurs. A la réflexion, j'aurai du bet ici, mais ça reste marginal. River, une brique, il check une troisième fois, synonyme d'abandon, je bet 1,5 K et il fold. Je montre ma main, histoire d'assoir mon image de serrure.
Le coup est anecdotique. Mais le fait d'avoir montré ma main entraina une confidence de mon voisin de gauche. Il avait peu de jetons (5 K environs - 1/3 par rapport à la cave de départ de 15 K, mais tout de même encore 33 BB)°et m'avoua avoir foldé A5s à coeur, soit une couleur max floppée s'il était rentré dans le coup. Etant donné qu'il n'y a pas eu de doublante à la river, j'aurai pris cher s'il s'était invité au bal. D'ou l'utilité, une nouvelle fois démontrée de ne pas slowplayer ses prémium, en particulier en début de MTT.
Ensuite, un card deadisme aigu m'empêche d'envisager quoi que ce soit. Qu'aurai je pu faire pour remédier à cela. Me level en bluff sur certains spots ? Bof bof...
Je pense, pour en avoir parlé à la dernier pause de ma journée avec Ronan "Roroflush" MONTFORT que dans ce type de MTT le jeu LAG avec option bluff n'est pas la voie du succès. Le field est tout de même suffisamment faible pour espérer bénéficier de livraisons ponctuelle, si on touche un minimum ou si on choisi bien ses spots sans trop subir la variance.
Ma première table a été malheureusement un peu trop molle niveau rythme de gamble avec des joueurs, moi y compris, un peu trop nits. Ce n'est pas vraiment bon signe lorsqu'on doit monter des jetons dans un MTT au field supérieur à 100 joueurs.
L'ambiance était malgré tout très bonne à la table ou j'ai retrouvé outre "NickBab", le short stack aux 2 antes de mon sat de jeudi, un autre qualifié de ce même tournoi, un jeune shark new school au rigolo (physique enveloppé, petite lunette à la Audrey Poulvard pour homme, casquette bleu Bilionnaire Boys Club), un quinqua en costard aussi cheveulu qu'Alain Juppé et Coralie NAUDER une reg belge au style très colorée (euphémisme), extrêmement bavarde à table, mais malgré tout sympa.
Bref, même si j'ai retourné "vélo" sur "vélo", j'ai tout de même passé un bon moment à cette table. Je n'ai pas joué que KK, mais les autres coups n'ont que peu d'intérêt.
J'arriverai à ma seconde table au milieu du niveau 7 (300/600) et je doublerai mon stack de 10/12 BB dès la 3éme main à cette table avec AQs, généreusement call AIPF par le détenteur d'un curieux KTo qui avait open en EP et qui voulu gamble avec son stack de 25 BB. Pas d'horreur pour ce premier coup engageant mon MTT.
Rien de spécial à signaler à cette table, si ce n'est une ambiance un poil plus tendu et un peu de trash talk de ci de là. Mais rien de méchant non plus au demeurant. Il y avait de "connu" le vainqueur de la LMDB n°1, Guilhem DELPORTE. je le connais juste de nom et je n'avais pas suivi cette émission de télé-réalité poker d'il y a 1 à 2 ans. Mais bon, certains ne se privait pas à la table pour le chambrer. Mais ça restait tout à fait bisounours comme tentative de déstabilisation.
Grace à ce DU je vais joindre le "diner break" à la fin du niveau 8 (400/800) avec un tapis mega deep de 13 BB, en "zone de confort" pour un short stackeur comme on dit.
Je vais passer la pause diner à la pizzeria du coin (rue du Faubourg Montmartre) en bonne compagnie avec Fred "D8" Brunet que je n'avais pas croisé IRL depuis notre rencontre dublinoise de février 2010. Deux autres connaissance de Fred (Karim "Debuquet" et Florian "ChiliFlo") partage notre tablée.
Je vais passer une partie du 9éme niveau (500/1000) à ma seconde table avant de migrer à l'étage supérieur à la table 31,siège 4 où je vais rejoindre Florian "ChiliFlo", siège 2 à cette même table et surtout, un joueur que je respecte particulièrement : Monsieur PASQUALINI, Jean Paul de son prénom et "El Korsico" de son pseudo. Des années de pratiques du poker dans les parties high stake live de Marseille et d'ailleurs et aussi un solide palmarès "live" le plaçant tout simplement à la 6éme place des plus gros gagnant français en MTT "live" avec plus de 2,5 millons de dollars de gains en carrière.
L'apparition des antes au niveau 10 (650/1300-50) et le changement de rythme qui s'en suit, quand on a le tapis pour, c'était le cas pour "El Korsiko", ne rendit l'observation que plus enrichissante.
De mon côté, la situation était toujours précaire, mais je faisais preuve de patience et je me disais que ce n'était finalement pas très grave. Je prenais mon mal en patience. C'est une situation qu'il faut savoir gérer dans ce type de MTT. Mieux, je me persuadais que si j'arrivais à enfin décoller de la zone des 6-20 BB, je me servirai de cette période de vache maigre pour être mentalement parlant "in the zone" pour la suite de mon tournoi, prêt pour pratiquer un autre type de poker.
Malheureusement pour moi, les 82o et autre 73o m'étaient servis continuellement et je ne pouvais rien envisager.
Tombé à 7 BB UTG (9 100 chips aux blinds 650/13000-50), je me suis alors décidé à pousser mon tapis "in the dark" où quasiment en ne retournant lors de ce coup qu'une carte qui fut un roi, sans regarder la seconde.
Pousser ici "ITD" est EV+ car il faut absolument tenter de DU, patienter n'a plus de sens à 120 left. Les cartes avec lesquels ont tente ce coup importe peu, voir pas du tout. "PEDRO IS ALL IN" !!!
C'est alors que se produisit un fait de gamble assez marrant. Fodl, fold, fold et là "El Korsico" au siège 1, surement trop occupé avec ses deux téléphones portables qu'il tripatouillait régulièrement, commis un petite boulette il ne fit pas attention que j'avais envoyé mon tapis et avait placé un jetons de 5 K devant lui en annonçant relance 2,7 K. le croupier lui fit remarquer que ce n'était pas possible car un joueur avait déjà ouvert à tapis, en l'occurrence "bibi".
La situation m'a fait marré et durant le flou artistique qui suivi j'en ai profité pour regarder ma seconde carte. Il s'agissait d'un magnifique 4. K4o, bon allez on va s'en contenter face à "El Korsiko" qui bien évidement ne foldera pas ici. Il s'interrogeait juste sur l'action à mener à savoir. Sa relance est elle bloqué ou pouvait il relancer au delà du montant de mon tapis. Il demanda, dans la bonne humeur, l'intervention du TD qui lui indiqua qu'il pouvait soit abandonner ses 2,7 K déjà engagés (hors sujet vu son tapis correct sans être hyper deep), soit juste payé à hauteur de mon tapis, soit relancer à convenance.
Durant ce temps mort, j'en profita pour lui glisser que de mon côté, je n'avais pas regarder mes cartes avant d'envoyer mon tapis, ce qui était une demi-vérité, comme très souvent à une table de poker.
Le TD était un peu tendu en énonçant le règlement à appliquer, surement en raison de la présence et de l'interpellation de son interlocuteur de prestige. Impliqué dans le coup, je lui glissa qu'il pouvait se détendre, il n'avait pas été appelé pour un litige entre joueur, mais pour un simple éclaircissement du règlement.
JPP "El Korsico" se décida finalement a just call ma boîte et les autres joueurs nous laissèrent en HU. Show down : Pedro K4o et "El Korsico" 97s. Un board x x x x x me permis de DU (et même un peu plus) en évitant le hitage de "renard renard quinte ou couleur" du Corse à la river.
Résultat : "Pedro wins the pot with King high !!! Sick !!!"
Ce move me permis de survivre, je poussa ensuite une novelle fois ma boîte en 3bet AIPF avec JJ et 12 BB de stack, obtenant un fold de l'open raiser en EP. Back (pas tout à fait) in the business.
Malheureusement, le 12éme niveau (1K/2K-ante 100) me fut fatal quand retombé à 8 BB de stack, je pris un spot de push en LP avec Ax (A8o pour être précis) et fut double call par le BU et la SB possédant respectivement AQo et AKo. Pas de 8 providentiel sur le board me permettant de triple up et je fus donc busto 91éme de ce beau (et à refaire) tournoi.
Pour information voici le résultat final du tournoi remporté (surement dimanche tard dans la soirée) par Jean Paul PASQUALINI. VGG à lui. Comme quoi, en poker de tournoi, il faut évidement de la réussite pour gagner mais l'edge compte aussi.
Cadeau bonus : une petite vidéo signé "Cercle Cadet" en mode "Paris dernière".
Prochain rendez-vous avec le poker "live" en ce qui me concerne dès la fin du mois, à l'occasion "SPRING", un tournoi en terre arverne au BI de 183 € organisé par la Casino de Royat (Puy-de-Dôme - Auvergne - France), du compétent et sympathique Aurélien BOYER.
Sur ces bonnes paroles, je vous dis@ bientôt.